“Mon Travail n’est pas terminé” de Thomas Ligotti (Les Monts Métallifères, 2023)

[Ce livre a été réédité en format Poche par Rivages en 2026, deux nouvelles ont été retirées de la collection de textes et se retrouveront la même année dans “Teatro Grottesco” publié aux Monts Métallifères]

Comment vous parler de cette dernière sortie des décidément inattaquables Monts Métallifères ? Comment vous parler de la stupéfaction, de la gêne, du plaisir pourtant, oui oui, et de tout ce qui nous questionne, nous donne du grain à moudre à la lecture de ces textes ?

Premier titre de leur collection Pb82, massif et épais comme du plomb, noir intense comme du charbon, tellement qu'en le saisissant on a l'impression de s'en mettre plein les pognes, ce nouveau recueil des textes de Thomas Ligotti, après celui aux éditions Dystopia en 2019, est texte que tout amoureux de Fantastique, d'Horreur, mais également que toute amateurice de Littérature au sens large, de beaux mots et de belles lettres, se doit, on dit bien se doit, de découvrir, de lire, de savourer.

On ne vous dit pas que vous y trouverez du réconfort : l'unique roman de Ligotti et les quatre nouvelles qui lui sont adossées, que l'on encourage d'ailleurs à découvrir dans le désordre, forment après tout les « Contes d’horreur en entreprise ». Sur fond de capitalisme managériale, d'un monde de l'entreprise où tout n'est que grand jeu de masques, de valses de bullshit jobs et d'aliénation partagée, nous navigons dans la vallée de l'étrange, entre présences obscures, brouillard meurtrier, phobies diverses et récit d'une vengeance aussi brutale que malsaine.

Thomas Ligotti est un auteur d'histoires noires de chez noires, qui n'oublient cependant pas de se dôter d'une portée critiques, politiques, et surtout d'une véritable recherche littéraire, qui pourrait aller jusqu'à confiner à un certain Art de la poésie la plus obscure, nous faisant sinuer avec lui, zigzaguer entre les cubicles, au rythme effrénée de production de pièces métalliques.

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Sublime traduction par Fabien Courtal.

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