“Albin” de Martin Harnicek (Monts Métallifères, 2026)
Devrions-nous avoir peur de vous dire que ce petit livre diabolique fut du pur nectar pour notre fin d’année 2025 ?
“Lequel de nous portera l’autre ?” de Violaine Lison (Esperluète, 2025)
Deux hommes, mais bien plus. Un grand amour, une grande amitié et une sensibilité brûlante au monde. C’est terrassant de beauté et d’humanité.
“La femme qui boit” de Colette Andris (L’Imaginaire Gallimard, 2023)
« La Femme qui boit » s’aventure au-delà du territoire du roman social pour embrasser son sujet avec honnêteté, lucidité, mais également tendresse et compassion. Et l’embrasser de la manière la plus intime qui soit : en nous mettant dans la peau de sa protagoniste principal.
“Chant de d’Arco I. Le Mal” d’Antonio Moresco (Chemin de fer, 2025)
Un des plus grands livres de l’année, tout simplement.
“Devenir Fasciste” de Mark Fortier (Lux, 2025)
Vous aimez Nicolas Framont ? Vous allez adorer Mark Fortier.
Antonio Tabucchi, notre plus grand crush littéraire de 2025
Si une rencontre littéraire devait rester de notre année 2025 fort qualitative à ce niveau, ce serait celle avec Antonio.
“Même les morts” de Juan Gomez Barcena (mf, 2025)
Ce livre est un bonheur de périple en somme qui se mute pour le lecteur en une quête métaphysique et personnelle sur ses propres aspirations, et la route qu’il donne à sa propre aventure qu’est la vie.
“Le bureau des cœurs” de Sophie Guerrive (editions 2042, 2025)
Lucidité donc, tendresse et scènes de ménage : le dernier né de l’autrice française n’arrive toujours pas à nous faire dire que son Tulipe Extended Universe c’est rien que pour faire genre et nous prendre pour des vaches à lait.
“Précieux Sang” de Marie-Hélène Voyer (La Peuplade, 2025)
Poèmes qui se lisent donc comme des romans, ceux qui composent « Précieux Sang » ne sont pas là seulement pour redonner un peu de dignité aux besogneuses québécoises dans cette langue inimitable et incandescente. Ils créent des petits mondes. Des mondes où la voracité d’un petit nombre détruit la vie, les chairs et les entrailles, de la majorité.
“Saint Luigi” de Nicolas Framont (Les Liens qui Libèrent, 2025)
Toujours salvateur dans ce qu’il vient souligner, révéler, rappeler en lettres grasses et indélébiles, Framont rappelle que l’entreprise capitaliste, marchande de tous les secteurs de notre vie, se construit et grossit (de jour en jour, de minute en minute) sur une pile de cadavres. Des cadavres laissés à mourir dans l’indignité la plus totale.
“Lâche ton cul camarade ; La Panthère Bleue” de Nicole Bley (Le Dilettante, 2025)
Si Nicole n’était pas une écrivaine, si Nicole vivait parmi nous, bon déjà elle exploserait de rage face à ce que son monde est devenu, mais elle serait surtout combattante de muay-thaï, véloce, affûtée, qui ne finit ses matchs que par KO. Nous sommes KO.
“Aux Portes du royaume animal” et autres livres d’Amy Hempel (Cambourakis, 2014, 2015, 2016)
Outre-Atlantique, cette écrivaine américaine est considérée comme une des plus grandes plumes contemporaines et ses recueils de nouvelles sont vénérés, étudiés et ont reçu quelques prix prestigieux. En France ? Inconnue au bataillon. Il faut dire que son écriture est d’une singularité frappante.
“Le premier jour de paix” d’Elisa Beiram (L’Atalante, 2023)
Voici un petit livre sec et resserré de cent quatre-vingt pages qui explore majoritairement la question de la résolution des conflits – interpersonnels – dans un monde post-catastrophe où ne subsistent que quelques grandes étendues urbaines. La richesse de ce petit livre qui n’en a pas l’air pourrait être terrassante si elle n’était si digeste ni au service d’une histoire réellement passionnante.
“Apprendre à parler à une pierre” d’Annie Dillard (Christian Bourgois, 2017)
Annie Dillard c’est ce petit vent frais qui vient vous gifler le visage au détour d’une pensée fine et alerte. Ce sont ces récits qui viennent travailler au corps la figure humaine, sa vie, sa présence, et la manière dont elle évolue dans un lieu donné, dont elle s’intrique avec lui.
“Des milliards de tapis de cheveux” de Andreas Eschbach (L’Atalante, 2025) & “Méduse” de Martine Desjardins (L’Atalante, 2025)
Bonheur de voir de plus en plus d’éditeurs indépendants lancer leur collection poche, d’un point de vue de l’objet livre mais également de l’économie dans lequel il s’inscrit. Chez l’Atalante c’est l’occasion de donner un seconde souffle à des titres phares : un récit d’émancipation féminine, et un classique allemand de science fiction contemporaine qui vous hantera des mois durant.
“Tour d’Horizon” de Kathleen Jamie (La Baconnière, 2022)
Parfois il ne suffit que d’un texte. D’une nouvelle. D’une étoile qui brille si fort qu’une fois contemplée vous n’avez qu’une envie : en faire profiter le plus grand nombre.
“Perspectives Terrestres” d’Alessandro Pignocchi (Seuil, 2025)
Un de ces livres qui vous foutent la banane, voilà ce que nous propose Alessandro Pignocchi que l’on connaissait déjà notamment pour sa trilogie de bandes dessinées « Petit traité d’écologie sauvage » avec ses mésanges promptes à l’action directe.
“Le Grand Scandale” de Hubert Gonnet (Le Chemin de Fer, 2025)
L’évènement littéraire de l’année 2025. Ne vous y trompez pas, « Le Grand Scandale » est bel et bien un grand livre de la littérature française. Mais c’est aussi un grand livre sur la masculinité, sur sa construction, sur son pouvoir. C’est, sous certains aspects, un grand livre social sur la vie – rurale, ouvrière – dans les années 60.
“Seul l’océan pour me sauver” de Samantha Hunt (Le Gospel, 2025)
L’aurions-nous trouvé ce petit trésor de perte et d’interrogations déchirantes ? Aurions-nous sous nos yeux le livre qui, en un mot comme en cent, traiterait de ce sujet ingrat qu’est l’adolescence, ou sa sortie tout du moins ?