“Criquet” d’Andrée Viollis (L’Imaginaire Gallimard, 2021)
Il y a des livres qui sont « clairs comme de l’eau de roche ». On lit à travers avec une simplicité et une fluidité à toute épreuve. Ils sont beaux, accessibles, et déversent en nous un sentiment de fraîcheur et de contentement béat. Comme si l’on se beignait dedans, si l’on flottait dans l’eau d’un lac. Pas mal hein ?
“Le Locataire chimérique” de Roland Topor (Libretto, 2011)
Le trublion Topor nous délivre une histoire qui aurait pu sombrer dans une complète noirceur mais qui finit par nous faire rire par ses extravagances, et douter de sa réalité.
“Ailleurs” de Julia Leigh (Christian Bourgois, 2008)
« Ailleurs » fait partie de ces romans qui se dévoilent comme des feuilles s’ouvrent au soleil. Pétale par pétale. Julia Leigh, autrice australienne qui sort un livre tous les dix ans de 1998 à 2017, signe donc ici en 2008 un court roman (de cent pages) qui explore des thèmes familiaux, les non dits et la gestion intrafamiliale des évènements les plus durs de la vie.
“Teatro Grottesco” de Thomas Ligotti (Monts Métallifères, 2026)
Ligotti, dont nous connaissions déjà le regard affûté pour le monde aliénant du travail et de la société néolibérale, excellemment illustré dans le si bien nommé « Mon travail n’est pas terminé », confirme ici son attrait pour les environnement déchus, les visions cauchemardesques, et l’inconfort confinant à l’angoisse.
“Postapoland” de Bartosz Zaskòrski (Huber Editions, 2026)
Des livres comme ça, on en tombe à la renverse. On ne sait pas trop comment vous le dire autrement pour être honnête : on est sur le cul.
“Une certaine tristesse” de Mattis Savard-Verhoeven (La Peuplade, 2026)
« Une certaine tristesse » est probablement ce que l’on peut vous proposer à la fois de plus intense et de plus accessible d’un point de vue de connexion émotionnelle à un écrit.
“Albin” de Martin Harnicek (Monts Métallifères, 2026)
Devrions-nous avoir peur de vous dire que ce petit livre diabolique fut du pur nectar pour notre fin d’année 2025 ?
“Lequel de nous portera l’autre ?” de Violaine Lison (Esperluète, 2025)
Deux hommes, mais bien plus. Un grand amour, une grande amitié et une sensibilité brûlante au monde. C’est terrassant de beauté et d’humanité.
“La femme qui boit” de Colette Andris (L’Imaginaire Gallimard, 2023)
« La Femme qui boit » s’aventure au-delà du territoire du roman social pour embrasser son sujet avec honnêteté, lucidité, mais également tendresse et compassion. Et l’embrasser de la manière la plus intime qui soit : en nous mettant dans la peau de sa protagoniste principal.
“Chant de d’Arco I. Le Mal” d’Antonio Moresco (Chemin de fer, 2025)
Un des plus grands livres de l’année, tout simplement.
“Devenir Fasciste” de Mark Fortier (Lux, 2025)
Vous aimez Nicolas Framont ? Vous allez adorer Mark Fortier.
Antonio Tabucchi, notre plus grand crush littéraire de 2025
Si une rencontre littéraire devait rester de notre année 2025 fort qualitative à ce niveau, ce serait celle avec Antonio.
“Même les morts” de Juan Gomez Barcena (mf, 2025)
Ce livre est un bonheur de périple en somme qui se mute pour le lecteur en une quête métaphysique et personnelle sur ses propres aspirations, et la route qu’il donne à sa propre aventure qu’est la vie.
“Le bureau des cœurs” de Sophie Guerrive (editions 2042, 2025)
Lucidité donc, tendresse et scènes de ménage : le dernier né de l’autrice française n’arrive toujours pas à nous faire dire que son Tulipe Extended Universe c’est rien que pour faire genre et nous prendre pour des vaches à lait.
“Précieux Sang” de Marie-Hélène Voyer (La Peuplade, 2025)
Poèmes qui se lisent donc comme des romans, ceux qui composent « Précieux Sang » ne sont pas là seulement pour redonner un peu de dignité aux besogneuses québécoises dans cette langue inimitable et incandescente. Ils créent des petits mondes. Des mondes où la voracité d’un petit nombre détruit la vie, les chairs et les entrailles, de la majorité.
“Saint Luigi” de Nicolas Framont (Les Liens qui Libèrent, 2025)
Toujours salvateur dans ce qu’il vient souligner, révéler, rappeler en lettres grasses et indélébiles, Framont rappelle que l’entreprise capitaliste, marchande de tous les secteurs de notre vie, se construit et grossit (de jour en jour, de minute en minute) sur une pile de cadavres. Des cadavres laissés à mourir dans l’indignité la plus totale.