“Postapoland” de Bartosz Zaskòrski (Huber Editions, 2026)
Des livres comme ça, on en tombe à la renverse. On ne sait pas trop comment vous le dire autrement pour être honnête : on est sur le cul.
Alors oui, il faudrait peut-être avoir cultivé une certaine sensibilité pour le bizarre, pour le difforme, pour l’étrange, le gluant et le grotesque. Mais il nous plait à penser qu’elle n’est pas si rare, cette sensibilité. Sinon le Body Horror ne se porterait pas si bien aujourd’hui !
Accouplez à l’univers tout à fait idoine de H.R. Giger certaines visions de cauchemars de Beksinski, de l’expressionnisme généreux, un soupçon de surréalisme, une pincée de « Maman » de Louise Bourgeois et très certainement quelques univers vidéoludiques, et vous récolterez ce petit bijou grouillant de chair, de mandibules, de membranes et d’orifices.
Le texte n’est pas en reste : sobre, succinct, direct et pourtant d’une puissance titanesque. Prenez plutôt : notre soleil n’est plus, son homologue démoniaque est libéré de sa tombe et fait se répandre moult mutations sur la surface du globe. On suivra certains de ces mutants.
Mi-buddy movie mi-bestiaire halluciné et hallucinogène, « Postapoland » fascine par son univers graphique foisonnant et ses dialogues mine de rien assez truculents. Il ne semble pas être le livre sur lequel on se doit de s’étendre tant il relève d’un coup de foudre esthétique, on rassurera les futurs lecteurices quant à la plume de son auteur, plus que qualitative, qui finit d’en faire une œuvre complète marchant sur ses deux pattes, à la fois habitée d’une fougue cosmique, d’un élan de vie féroce, d’une haute intelligence et d’une créativité hypertrophiée.
C’est une pure merveille.