“Teatro Grottesco” de Thomas Ligotti (Monts Métallifères, 2026)
Quand un grand esprit se met à explorer les territoires d’un Fantastique débridé.
« Né en 1953 à Detroit, Thomas Ligotti est un personnage très secret , voire reclus, qui construit depuis 40 ans une œuvre singulière hantée par la folie, la ruine et le cauchemar. »
Chaque mot de cette présentation de l’éditeur est primordial pour comprendre le livre que vous allez tenir entre vos mains durant de grandes journées de lectures dévorantes.
Ligotti, dont nous connaissions déjà le regard affûté pour le monde aliénant du travail et de la société néolibérale, excellemment illustré dans le si bien nommé « Mon travail n’est pas terminé », confirme ici son attrait pour les environnement déchus, les visions cauchemardesques (un artiste n’est pas simplement un artiste, c’est un « artiste viscéral » ; les formes fantomatiques, les bruits et « résonances abyssales » troublent les esprits et sèment la panique), et l’inconfort confinant à l’angoisse.
Ligotti quasi-sociologue, politologue, devient ici même, parfois, philosophe. Le Teatro de son titre a mille atours : carnaval, procession quasi-démoniaque, mais aussi société mondaine artistique dont on comprend entre les lignes pourquoi son auteur s’en éloigne. « Reclus » que ça disait. Mais dans cette réclusion, l’auteur y développe un regard acerbe, aiguisé, moqueur, aigre, rageur, et enflammé contre tout ce monde qu’il a en horreur.
Dans ces villes toujours au bord du gouffre (ces « ruines », ces amas de bâtisses agglutinées comme des bonbons oubliés dans un sac) se meuvent des personnages petits, en prise à des forces qui les dépassent, mais toujours curieux d’une certaine manière à résoudre ces mystères. Seront-ils sauvés pour autant du sort qui leur était, semble-t-il, réservé ? Pas sûr.
Ligotti creuse le sillon de petites histoires logées entre ambiance de film Noir et le grotesque du plus joueur au plus tétanisant. L’horreur qu’il sculpte se révèle par couche, par degrés, jamais vraiment explosive, elle s’insinue sous la peau, rampe et dévore lentement les esprits :
« Rien ne vaut la peur pour approfondir la conscience, en y poussant la réflexion jusqu’à des niveaux encore inédits. »
————
Vous voulez que cela devienne votre prochaine lecture ?
Soutenez notre petite librairie indépendante en le commandant chez Fracas !
Contactez nous pour qu’on vous mette un exemplaire de côté 🪄
Rendez-vous chez Fracas, librairie singulière - atelier de céramique - café
Au 11 rue Auguste Nayel, 56100 LORIENT (devanture noire!)
Du mardi au samedi de 10h30 à 19h, sauf le jeudi de 14h30 à 19h.