“Kalpa Impérial” d’Angélica Gorodischer (La Volte, 2017)
[Ce livre a été réédité en format Poche par les éditions Points en 2026]
Immense texte, immense dame 💥
« Kalpa Imperial » (Kalpa ici) est probablement ce que l’on a lu de plus puissant en terme de narration cette dernière année. Vous savez le genre de livre qui vous révèle les grands pouvoirs des histoires, des récits, en sommes : des contes et des conteurs de contes.
« Kalpa » c’est Borges à portée de n’importe qui, c’est du plaisir en barre qui se déguste avec simplicité et émerveillement.
C’est un gâteau léger et extrêmement riche à la fois. Cela semble impossible mais Angélica Gorodischer l’a fait.
Très intellectuel et immensément joueur.
Chaque mot, chaque phrase en cache, en ouvre mille autres. Ce n’est que vertige et amusement qui se déploient lors de la lecture. « Kalpa », à chaque instant, nous stimule, nous enchante et vient chercher en nous notre grande capacité à nous aussi créer des petits mondes. Se permettant même d’être parfois lacunaire, l’autrice nous fait confiance et nous laisse maître de notre propre imaginaire.
(Oui, on ne vous l’a pas dit: il s’agit d’un recueil d’histoires d’un immense empire sans âges.)
Il faut une connaissance sans frontières et en profondeur des mythes, des légendes, des contes oraux, et de la manière dont on les tisse et les entrelace, pour arriver à cela. C’est encore une fois vertigineux.
L’écriture de Gorodischer n’est pas ici un maillage un peu technique, outrageusement littéraire et noueux, mais bel et bien un agglomérat de mondes, de trajectoires, de vies, de destins qui nous sont laissés apercevoir avec une certaine forme de désinvolture.
Car il faudrait une vie pour en raconter ne serait-ce qu’une seule autre.
« Kalpa Imperial » se lit doucement, avec le sourire aux lèvres et le cerveau en ébullition. C’est un livre magnifique, à l’envergure démentielle, et pourtant si proche de celui ou celle qui le lira. « Kalpa » est un coup de maître, ni plus ni moins qu’une nouvelle grande référence dans notre panthéon personnel.
Alors merci Angélica et Mathias de Breyne pour sa traduction.
Le texte fut traduit en Anglais par Ursula K. Le Guin si cela peut finir de vous convaincre.
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