“Criquet” d’Andrée Viollis (L’Imaginaire Gallimard, 2021)

Il y a des livres qui sont « clairs comme de l’eau de roche ». On lit à travers avec une simplicité et une fluidité à toute épreuve. Ils sont beaux, accessibles, et déversent en nous un sentiment de fraîcheur et de contentement béat. Comme si l’on se beignait dedans, si l’on flottait dans l’eau d’un lac. Pas mal hein ?

« Criquet » d’Andrée Viollis fait partie de ces livres.

C’est l’histoire de Camille, ou Criquet, enfant d’une famille plutôt très aisée ne le cachons pas, née fille mais qui aimerait être un garçon. Parce que les garçons, et les hommes, ont une vie sacrément plus trépidante que les filles et les femmes assignées à la couture, à la cuisine, aux petites activités sans conséquences. Là où ces messieurs partent à l’aventure, ont un « vrai » métier, vont pourquoi pas au combat, enfin prennent des risques, mouille la chemise.

N’est-ce pas enviable ?

Et nous de la suivre dans sa jeunesse, une grosse année voire un peu plus de sa vie, et ses diverses réalisations vis-à-vis du monde des adultes, de leurs rôles, leurs humeurs, leurs morales, et finalement peut-être leur vrai visage.

En résulte un roman que d’aucun pourrait qualifier d’avant-gardiste (on est en 1913 quand il sort !), légèrement politique tout de même, mais surtout d’une très grande spontanéité, comme une douce candeur qui nous colle le sourire aux lèvres, et des étoiles dans les yeux. Il faut dire que la plume de l’autrice n’est pas en reste pour décrire les environnements dans lesquels évolue notre petit Criquet. C’est quand même vachement joli si vous voulez notre avis.

Vous nous voyez venir : voici encore une autrice française qu’on a un peu oubliée. Et qui était par dessus le marché une des grandes figures du journalisme d’investigation et du grand reportage. « Tourmente sur l’Afghanistan », « L’Afrique du Sud, cette inconnue », « Indochine S.O.S » sont des titres assez éloquents pour pointer ses engagements (anti-coloniaux, féministes, antifasciste, très probablement critiques du conflit armé). On peut être bien née et sacrément énervée.

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