“Saint Luigi” de Nicolas Framont (Les Liens qui Libèrent, 2025)

Le nouveau livre de Nicolas Framont arrive avec fracas dans les bacs. L’auteur s’y attarde avec le ton qu’on lui connaît, sur l’engagement militant, la violence révolutionnaire et les méfaits du néolibéralisme contemporain.

Toujours salvateur dans ce qu’il vient souligner, révéler, rappeler en lettres grasses et indélébiles, Framont rappelle que l’entreprise capitaliste, marchande de tous les secteurs de notre vie, se construit et grossit (de jour en jour, de minute en minute) sur une pile de cadavres. Des cadavres laissés à mourir dans l’indignité la plus totale.

« La mort donnée par PowerPoint ne compte pas: ne sont des criminels que des gens qui ont appuyé sur la gâchette alors que l’on peut, par l’envoi d’un courriel contenant des directives, en votant une loi, en payant des commerciaux ou des consultants, faire bien plus de morts d’un seul coup. Rappeler une telle réalité, c’est rompre un tabou. »

D’où la nécessité de faire face. Vient la question des moyens, de l’acte de rendre les coups, de la question du rapport de force et de comment tout peut basculer du rêve au pire cauchemar. Vient bien entendu l’étude de cas autour de la mort de Brian Thompson, PDG de la première assurance santé privée des États-Unis d’Amérique, et la très grande vague de soutien et d’amour – plutôt inédite – qu’a reçu son meurtrier présumé, Luigi Mangione.

C’est toujours brillant, ça vient soulever deux-trois sujets de débats qui nous tiendront éveillé·es des heures, et ça se met toujours autant entre toutes les mains.

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