“Alyte” de Jérémie Moreau (éditions 2024, 2024)
Jérémie Moreau nous livre ici un récit d’aventure tenu, au rythme à couper le souffle, servi par un découpage à la faux, diablement efficace, qui charcle, tranche, débite, cisaille la page et segmente notre vision tout en nous baladant dans ses panoramas avec une fluidité et prestance inégalées.
“En Territoire Ennemi” de Carole Lobel (L’Association, 2024)
D’une efficacité à toute épreuve, « En Territoire Ennemi » est certes une des nos toutes meilleures lectures bandes dessinées de l’année mais également un superbe livre politique à mettre entre toutes les mains de tous les âges et de tous les genres.
“Le Ciel Tombe” de Lorenza Mazzetti (La Baconnière, 2024)
Lorenza Mazzetti signe ici un roman autobiographique sur sa jeunesse d’une beauté confondante, et capture par là même, en plaçant son récit à hauteur d’enfant, tout à fait les élans de nos premières années, où chaque instant est vécu avec une intensité rare.
“Notre quelque part” de Nii Ayikwei Parkes (Zulma, 2014)
A la confluence du roman policier, de l’enquête presque traditionnelle, et du conte oral africain, l’auteur nous donne à voir son pays, son dialecte, son franc-parler et les usages traditionnels de ses habitants.
“Combien de cœurs” de Nawal El Saadawi (Les Prouesses, 2023) & “L’Oiseau rouge” de Zitkala-Sa (Les Prouesses, 2024)
Les deux premiers livres de cette collection déjà essentielle sont brillants sous plusieurs aspects. Ils partagent tous deux d’être à forte teneur autobiographiques, sans délaisser une certaine forme de poésie, écrits par une femme qui a fait montre d’une certaine forme d’engagement - plutôt radical disons-le - tout au long de sa vie, et d’une certaine droiture et respect de ses idéaux.
“Exemplaire Unique” de Milorad Pavic (Monts Métallifères, 2021)
Si vous voulez explorer ce que la littérature a de plus originale à offrir, ou si vous désirez vous immerger dans un rêve éveillé, Milorad Pavić vous tend les bras et vous attend sourire aux lèvres, pipe au bec, pour vous faire vivre un très très grand moment.
“Azucre” de Bibiana Cambia (Typhon, 2024)
Premier roman de son autrice espagnole Bibiana Candia, "Azucre" est un tour de force qui ne se résume pas qu’à son histoire, signe des grands romans qui nous marquent.
“Tea Rooms” & “La femme à la valise” de Luisa Carnés (La Contre Allée, 2021 & 2023)
Magnifiquement traduite par Michelle Ortuno, Carnés propose une littérature foncièrement sociale et politique, mais avant tout une littérature diablement bien ficelée, travaillée avec minutie, qui prend le pouls de son époque, à travers des personnages attachants, qu’elle habite avec beaucoup d’amour.
“L’orage et la loutre” de Lucien Ganiayre (L’Ogre, 2015, 2024)
« L’Orage et la Loutre » est un livre radieux, dont les rayons solaires perceraient les joints d’un vieux et épais mur en pierres, sa lecture fait monter en nous des sentiments d’une complexité et d’une douceur rare.
“Dans la toile du temps” d’Adrian Tchaikovsky (Folio SF, 2019)
Un petit pavé qui se dévore à toutes vitesses grâce à un Art du cliffhanger diablement efficace, d’une subtilité et délicatesse à toutes épreuves (si si on vous jure !), et d’une maîtrise de l’ellipse temporelle qui en donnerait le tournis à Kepler himself.
“Qu’est-ce qu’une frontière ?” de Gudol & Haerang et “A la Lisière” de Nina Neuray (La Partie, 2024)
Mars 2024 et déjà deux des tous meilleurs livres jeunesse de toute l’année sont sortis.
“Le livre des monstres” de Juan Rodolfo Wilcock (L’Arbre Vengeur, 2018)
Juan Rodolfo ne nous laisse pas du tout le temps de s’ennuyer et enchaine les petits tableaux terriblement inventifs. On se demande encore et toujours ce que l’auteur nous sortira de son chapeau.
“La flétrissure” & “Prison” de Emmy Hennings (Monts Metallifères, 2022 & 2024)
Lire Emmy Hennings c’est entrer dans le tourbillon d’un esprit humain pétri de bonnes intentions, à l’écoute de ce qui l’entoure et qui tente de comprendre le monde dans lequel il est plongé.
“Border la bête” de Lune Vuillemin (La Contre Allée, 2024)
« Border la bête » nous a fait un bien fou et fait vibrer en nous la corde d’une certaine contemplation poétique et imagée, comme pour réenchanter le monde, jusque la neige sur les branches basses des arbres solitaires.
“Le Bateau Usine” de Kobayashi Takiji (Allia, 2014)
C’est bien simple : « Le Bateau-Usine » se lit d’une traite, bourré d’images fortes et de solides rebondissements sans jamais se départir d’un discours (d’une critique, disons-le) politico-social sur son temps et la société japonaise de l’époque.
“Liberté dans la montagne” de Marc Graciano (Editions Corti, 2013)
Marc Graciano est pour nous un des auteurs français contemporains les plus intéressants à suivre, et on doit dire que l’on a un faible pour ses livres édités chez Corti. Ce premier ne fait pas exception, et il serait bête de passer à côté d’un de ses romans les plus accessibles, à la complicité sacrément contagieuse.
“La Bouche Pleine de Terre” de Branimir Scepanovic (Libretto, 2024)
On parle ici d’une grande découverte comme on en fait peu : d’une langue et d’une couleur singulières, uniques en leur genre. On aimerait presque ne trop rien vous en dire, et vous laisser découvrir à l’aveugle, sans quatrième de couverture ni rien, comme on a pu le faire, ces quatre-vingt-dix petites pages.
“Röhner” de Max Baitinger (L’Employé du Moi, 2021)
« Röhner » est ce que l’on peut modestement appeler un chef d’œuvre. N’ayons pas peur des grands mots, après tout il faut bien appeler un chat, un chat.
“Journal d’un manœuvre” de Thierry Metz (Folio, 2020)
Metz dit la sensibilité des instants volés au temps travail, donnent à entendre des réflexions sur le corps qui s’épuise, les pensées qui se dissolvent, les oiseaux, les rochers, les coqs. Son journal d’un manœuvre est un monde en soi.
“Hazel la petite sorcière” de Phoebe Wahl (ed. des Elephants, 2023)
Nous avons lu et relu « Hazel et la petite sorcière ». Nous sommes devenu et redevenu l’enfant que nous étions. Nous avons aimé parcourir ces récits chargés émotionnellement, plein d’une bienveillance contagieuse.