“Lâche ton cul camarade ; La Panthère Bleue” de Nicole Bley (Le Dilettante, 2025)
Si Nicole n’était pas une écrivaine, si Nicole vivait parmi nous, bon déjà elle exploserait de rage face à ce que son monde est devenu, mais elle serait surtout combattante de muay-thaï, véloce, affûtée, qui ne finit ses matchs que par KO. Nous sommes KO.
“Aux Portes du royaume animal” et autres livres d’Amy Hempel (Cambourakis, 2014, 2015, 2016)
Outre-Atlantique, cette écrivaine américaine est considérée comme une des plus grandes plumes contemporaines et ses recueils de nouvelles sont vénérés, étudiés et ont reçu quelques prix prestigieux. En France ? Inconnue au bataillon. Il faut dire que son écriture est d’une singularité frappante.
“Le premier jour de paix” d’Elisa Beiram (L’Atalante, 2023)
Voici un petit livre sec et resserré de cent quatre-vingt pages qui explore majoritairement la question de la résolution des conflits – interpersonnels – dans un monde post-catastrophe où ne subsistent que quelques grandes étendues urbaines. La richesse de ce petit livre qui n’en a pas l’air pourrait être terrassante si elle n’était si digeste ni au service d’une histoire réellement passionnante.
“Apprendre à parler à une pierre” d’Annie Dillard (Christian Bourgois, 2017)
Annie Dillard c’est ce petit vent frais qui vient vous gifler le visage au détour d’une pensée fine et alerte. Ce sont ces récits qui viennent travailler au corps la figure humaine, sa vie, sa présence, et la manière dont elle évolue dans un lieu donné, dont elle s’intrique avec lui.
“Des milliards de tapis de cheveux” de Andreas Eschbach & “Méduse” de Martine Desjardins (L’Atalante, 2025)
Bonheur de voir de plus en plus d’éditeurs indépendants lancer leur collection poche, d’un point de vue de l’objet livre mais également de l’économie dans lequel il s’inscrit. Chez l’Atalante c’est l’occasion de donner un seconde souffle à des titres phares : un récit d’émancipation féminine, et un classique allemand de science fiction contemporaine qui vous hantera des mois durant.
“Tour d’Horizon” de Kathleen Jamie (La Baconnière, 2022)
Parfois il ne suffit que d’un texte. D’une nouvelle. D’une étoile qui brille si fort qu’une fois contemplée vous n’avez qu’une envie : en faire profiter le plus grand nombre.
“Perspectives Terrestres” d’Alessandro Pignocchi (Seuil, 2025)
Un de ces livres qui vous foutent la banane, voilà ce que nous propose Alessandro Pignocchi que l’on connaissait déjà notamment pour sa trilogie de bandes dessinées « Petit traité d’écologie sauvage » avec ses mésanges promptes à l’action directe.
“Le Grand Scandale” de Hubert Gonnet (Le Chemin de Fer, 2025)
L’évènement littéraire de l’année 2025. Ne vous y trompez pas, « Le Grand Scandale » est bel et bien un grand livre de la littérature française. Mais c’est aussi un grand livre sur la masculinité, sur sa construction, sur son pouvoir. C’est, sous certains aspects, un grand livre social sur la vie – rurale, ouvrière – dans les années 60.
“Seul l’océan pour me sauver” de Samantha Hunt (Le Gospel, 2025)
L’aurions-nous trouvé ce petit trésor de perte et d’interrogations déchirantes ? Aurions-nous sous nos yeux le livre qui, en un mot comme en cent, traiterait de ce sujet ingrat qu’est l’adolescence, ou sa sortie tout du moins ?
“Lune de loups” de Julio Llamazares (Verdier, 2009)
« Lune de loups » est un petit livre de 192 pages qui force cependant une lecture lente et attentive à la vie qui tente de s’y épanouir. Sa grande force se trouve dans l’incarnation du vivant et de la forêt qu’il nous donne à sentir comme si elle était dotée de poumons et d’un cœur battant.
“Les jardins statuaires” de Jacques Abeille (Le Tripode, 2022)
C’est à la fois un récit de voyage, une sorte de conte philosophique, une espèce de fable, quelque chose comme une quête personnelle où la découverte d’un monde totalement nouveau apporte au héros une raison d’être.
“Agua Viva” de Clarice Lispector (Editions des femmes, 2025)
Chef d’œuvre, vrai de vrai. Polie par le temps, cette œuvre de Clarice Lispector n’appartient qu’à la littérature.
“Vénus Noire” d’Angela Carter (Christian Bourgois, 2018)
En Février une étoile s’est éclairée dans notre constellation littéraire.
“Islande” de Jim Krusoe (Monts Métallifères, 2025)
Addictif, drôle, fantasque, bigarré et complètement attendrissant : un livre qui gagne à être connu, un de plus.
“Baby Spot” d’Isabel Alba (La Contre Allée, 2016)
« Baby Spot » se lit d’une traite et laisse une marque rouge quelque part dans notre esprit, quelque chose qui relève de l’ensorcellement, voire de la sidération.
André Suarès, Else Lasker-Schüler & Adrienne Rich (éditions Conférence, La Barque, l’Arche, 2025)
2025 commence fort en Poésie 💥 Présentation de trois petites merveilles
“Scarborough” de Luc Dagognet (do, 2025)
Si la littérature, mettez-y un grand L si vous le désirez, est là pour nous faire passer un moment de qualité, nous divertir dans le meilleur sens du terme, alors « Scarborough » est probablement ce que 2025 a à nous offrir de meilleur en son premier mois.
“Viande” de Martin Harnicek (Monts Métallifères, 2024)
Il y a des livres qui vous hantent.
“Non-noyées. Leçons féministes Noires apprises auprès des mammifères marines” de Alexis Pauline Gumbs (Les liens qui libèrent & Burn-Août, 2024)
Alexis Pauline Gumbs tisse les récits entre eux, déclare son amour pour les espèces cachées, qui résistent, refusent de se montrer et décident de passer maîtresses dans la pratique du leurre, du camouflage.
“La machine à tricoter” de Alice Rivaz (Héros Limite, 2024)
Avis à vous, lecteurices de tous horizons : redécouvrir tout le pan journalistique de Alice Rivaz, femme de lettres avant tout, est un voyage que l’on vous souhaite pour cette fin d’année.